Économie et fiscalité

La question de la fiscalité est déterminante dans le fonctionnement d’un État. Le pouvoir que l’État s’arroge sur la société en prélevant l’impôt fait partie de ses fonctions dites régaliennes. Si, dans l’état actuel de la société, le Parti ouvrier et populaire participe au jeu parlementaire, c’est essentiellement pour décider quelles utilisations seront faites du produit de l’impôt et à l’avantage de qui.

La perception de l’impôt et les taux d’imposition sur le corps social ne tombent pas du ciel. Ils sont déterminés par les contraintes politiques tant nationales qu’internationales. La Suisse, en tant que puissance économique agissant sur le marché mondial et siège d’immenses entreprises transnationales, est engagée dans une concurrence fiscale enragée avec les autres États de la planète. Elle se situe par ailleurs, selon divers classements internationaux, comme 13ème puissance mondiale, juste derrière le Canada ; sachant que, dans le trio de tête, figurent les USA, la Russie et la Chine.

Au niveau national, les cantons se livrent également à une lutte acharnée en termes de concurrence fiscale, encouragés en cela par la Confédération, qui a aligné lesdites « réformes » de l’imposition des entreprises depuis 20 ans, tout cela en faveur du grand capital, qu’il soit financier ou industriel.

Neuchâtel se prévaut aujourd’hui de sa fiscalité particulièrement avantageuse, mise en place ces dix dernières années et en fait un gage d’attractivité pour les entreprises, en s’appuyant aussi tant sur sa stabilité politique que sur ses infrastructures routières et ferroviaires, payées par la collectivité, qui la relient au marché mondial.

Au fil des baisses d’impôts tous azimuts de ces dernières années, ce sont bien évidemment les services publics et les prestations à la population qui ont été fortement dégradés. Le désormais fameux « Faire plus avec moins ! », réservé pour le pire au secteur privé, s’est étendu aux missions publiques et touche les services cantonaux, puis, en cascade, les services communaux, vivant sous l’épée de Damoclès constante de l’austérité budgétaire.

Dans ce contexte, la population sacrifiée a, bien sûr, été celles des classes populaires, ouvriers et petits employés, qui forment aussi le gros des bénéficiaires de l’aide sociale et des prestations complémentaires à l’AVS une fois arrivés à l’âge de la retraite, toutes prestations elles-mêmes brutalement abaissées au fil des ans. Le secteur de la santé, lui aussi durement touché par la mise en place de cadres budgétaires et financiers restrictifs et par une baisse du nombre de lits d’hôpitaux dans toute la Suisse, démontre aujourd’hui cruellement le désastre social de cette politique funeste de restrictions des dépenses dues à la diminution des recettes et, par conséquent, faute de moyens pour financer la politique sanitaire et sociale à la hauteur des enjeux qui sont les siens.

Le Parti ouvrier et populaire s’est toujours battu pour une forte progressivité de l’impôt sur les hauts revenus et les grandes fortunes, de même que pour une imposition conséquente des entreprises qui vivent, rappelons-le, de l’exploitation du travail de leurs salarié-e-s, mais aussi contre l’exonération des sociétés de type holding, qui établissent sciemment leur siège en Suisse pour bénéficier des avantages fiscaux du pays et dont Neuchâtel est une des championnes au niveau national.

Dans un contexte d’union sacrée entre le parti socialiste et la droite pour poursuivre dans cette voie nuisible, notre parti s’engage de toutes ses forces dans la lutte parlementaire contre toute baisse supplémentaire des recettes de l’État et pour que cet État ne soit pas au service des riches et des puissants, mais bien au service de la société.

Économie régionale

Qui n’a jamais entendu la phrase : ”De toute façon, c’est l’argent qui dirige le monde” ?

Trop souvent nous pensons que, dans le monde tel qu’il est, rien ne peut changer, car tout est tenu par l’économie. C’est pourquoi nous pensons que c’est un point crucial à travailler pour un changement de société.

Commençons par différencier l’économie, qui est l’ensemble des activités d’une collectivité humaine relatives à la production, à la distribution et à la consommation des richesses, et le modèle économique, qui est la façon dont fonctionne l’économie.

Nous pensons qu’il est temps de changer de paradigme économique. Plutôt que de laisser le marché plonger toujours plus de personnes dans la précarité et nuire de plus en plus à notre planète, nous voulons relancer l’économie régionale. Le modèle capitaliste néolibéral montre ses limites et sa violence partout dans le monde, nous devons y mettre un terme au plus vite pour limiter la casse.

Nous pensons que toutes ces tentatives de numérisation de l’économie, l’industrie 4.0 et tutti quanti ne sont que l’ultime mirage d’une société malade, en manque d’ambition, qui, dans l’état actuel des choses, n’a d’autre vision que de nous proposer des objets nommés ”intelligents” qui seraient sensés nous simplifier la vie.

Mais en fin de compte, lorsque toutes nos tâches seront exécutées par des robots ou des programmes, que nous restera-t-il ? Nous voulons la remise en valeur des métiers traditionnels, utiles et vecteurs de sens pour l’être humain. Remettons la sacro-sainte croissance économique en question et faisons des choix justes et sensés. Jugeons l’économie à son utilité et non à l’argent qu’elle brasse ! Notre système économique ne nuit pas seulement à la planète, il ruine aussi le sens de nos vies.

Loin de vouloir confirmer l’idée qu’on pourrait se faire d’un parti d’extrême gauche ne professant que les plans quinquennaux et la nationalisation de l’économie nous pensons que le canton, qui a le devoir de protéger ses citoyen.ne.s, devrait agir et mettre en place un cadre étatique strict et réglementé, qui protège les gens et impose des contraintes écologiques et économiques aux entreprises, les laissant se concurrencer ensuite entre elles.

Là aussi, plutôt que de voir les chef.fe.s d’entreprise comme d’avares exploitant.e.s de travailleur.euse.s, reconnaissons leur travail et amenons-les à nous rejoindre dans cette nouvelle vision de l’économie. Elle se fera avec eux ou ne se fera pas. La crise du COVID aura montré le besoin d’un soutien fort aux PME sans les laisser couler sous la loi du marché. Nous nous sommes d’ailleurs tenu.e.s à leur côté dans cette lutte.

Ce nouveau cadre qui devrait être donné à l’économie de marché devrait s’axer sur plusieurs points. Premièrement nous pensons que l’Etat doit privilégier les entreprises cantonales pour ses mandats.  Deuxièmement, nous voulons la création d’un comité de transition économique qui aura pour but de redynamiser l’économie régionale et de la remettre sur les justes voies. Dans une nouvelle économie plus axée sur la production de biens de consommations, le canton de Neuchâtel, fort de son savoir-faire ainsi que de son passé industriel a une place de choix en Suisse.

Nous pourrions nous inspirer de l’économie d’avant-guerre, bien plus locale, bien plus sensée et bien plus solide qu’aujourd’hui. Il ne s’agit pas de dire que ”c’était mieux avant” mais de pouvoir s’inspirer d’exemples qui fonctionnaient. Nos dirigeants ne sont que trop influencés et liés aux intérêts économiques. Nous voulons une vraie reprise en main de la direction que prend notre économie par le peuple à travers son gouvernement. Ayons l’audace de vouloir moins mais mieux.

Propositions

Concrètement, nous demandons:

  • Un changement de direction de notre économie libérale vers un modèle économique plus juste.
  • L’encouragement à la consommation locale et régionale au besoin par les biais de taxes ou de limites d’importations.
  • Que le canton engage et octroie des mandats en premier lieu aux personnes et entreprises cantonales.
  • Des investissements dans des structures publiques créatrices d’emploi (hôpitaux, crèches, théâtres, fermes locales, etc.…)
  • Un enseignement d’une économie alternative dans nos écoles publiques.
  • Un plafond du salaire des conseillers d’Etat au salaire médian cantonal.
  • Promouvoir et permettre un impôt à la source volontaire pour toutes et tous;
  • Favoriser une pleine transparence sur les allégements fiscaux octroyer aux entreprises;